Séjour à Miami, resto à St-Tropez et « pratiques constitutives de conflits d’intérêts » à l’office de tourisme de Courchevel
Temps de lecture : 5 minutes
La chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes a produit un rapport accablant concernant la gestion de l’office de tourisme de Courchevel, financé à plus de 80 % par la commune. Les magistrats ont notamment constaté que « des paiements et remboursements de frais ont été réalisés au bénéfice d’un précédent directeur, alors qu’il ne s’agit manifestement pas de dépenses à caractère professionnel », ainsi que « des pratiques constitutives de conflits d’intérêts manifestes ». En voici les détails.
« Un comité de direction […] peu impliqué sur toutes les questions de gestion », « Une absence de projet formalisé », « absence d’évaluation et de contrôle par la commune », « Des dépenses insuffisamment maîtrisées », « procédures comptables à fiabiliser », « Des régies insuffisamment contrôlées », « Des dépenses non justifiées », « rémunérations élevées et irrégulières », etc.
En lisant ces titres du sommaire du rapport, on ne sait par où commencer. Alors commençons par le commencement : la direction générale.
Un séjour à Miami à 9000 € non justifié
Il semble en effet difficile pour les magistrats d’établir le lien « qui n’a pas été justifié » entre une dépense de 9000 € pour le financement d’un séjour à Miami ou celle de 225 € dans un restaurant de St-Tropez, avec les missions de l’office de tourisme de la station de ski savoyarde.
Et il ne s’agit pas de cas isolés. Plusieurs dépenses « sans mention de l’objet exact de la dépense, de sorte qu’il est difficile de faire le lien avec un programme d’actions mené par Courchevel Tourisme », ont été relevées sur la période 2018-2023, notamment au game center, ou encore un vol en montgolfière pour 900 €, sans précision des invités.
Enfin, des personnes extérieures auraient été hébergées « de manière coûteuse » par Courchevel Tourisme « sans lien avec un programme d’action ». Une journaliste chargée du service voyage de son journal, ainsi que ses proches ont notamment été hébergés aux frais de l’office du tourisme pour un montant total de 3090 €. Une opération réitérée pour une ancienne Miss France et un photographe, logés dans « un palace pour un montant de 2700 € ».
...
